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Voyages et Conversations avec Daaji dans le Sud de l’Inde, 1 – 8 avril 2018

Suite du voyage: Hosur

 

Paix, méditation et stades supérieurs de conscience

Daaji: Le message de la Bhagavad Gita est celui-ci: le bonheur n’est possible que lorsque nous sommes en paix. Lorsque nous sommes agités, pouvons-nous apprécier le bonheur? Cela semble paradoxal. Comment parvenir à cet état de paix? Le Seigneur Krishna dit que nous n’y parvenons que grâce à la contemplation. Comment est-ce possible? Par la pensée focalisée. Et comment est-il possible de penser de manière focalisée? Uniquement par la méditation.

Dans la Gita, le Seigneur Krishna explique encore que tout en étant assoupi, un Yogi est pleinement conscient. C’est cela, l’état Turiya. Dans le Sahaj Samadhi, nous sommes pleinement conscients, tout en étant si absorbés avec une activité cérébrale minimale. Dans cet état, on n’anticipe pas de coups de fil, ou de problèmes futurs ou présents et on ne soucie du passé. Nous sommes dans l’instant présent. C’est l’état Turiya. Ensuite, une fois réalisé l’état Turiya, quel effet va-t-il générer? Cet état Turiya devient la cause de l’état Turiyateet. L’état Turiyateet signifie quelque chose au-delà de l’état Turiya.

D’après ce que je comprends, exprimé simplement, Turiyateet est l’état Turiya prolongé au cours des activités quotidiennes, les yeux ouverts. Et au Sahaj Marg, cela est facilité très simplement par le souvenir constant. Vous êtes tellement absorbé dans le Maître, dans son amour, vous continuez à faire votre travail comme si c’était du prasad que vous Lui offriez. Tout ce que vous faites dans la journée devient prasad, devient offrande. Lorsque vous êtes dans une telle attention par rapport à vos actes, votre mental ne pourra pas être perturbé et coopérera toujours paisiblement. C’est ça Turiyateet. Alors, quel sera l’effet produit par cet état? La fusion. Ce n’est que lorsque nous sommes dans cet état que la fusion devient possible. Sans l’état Turiyateet, vous ne pouvez même pas commencer à fusionner; vous n’avez même pas effleuré la question. C’est la raison pour laquelle Babuji Maharaj dit que ce n’est qu’après être arrivé à l’état de fusion que commence notre véritable voyage spirituel.

 

À Tiruppūr

 

Énergie positive et énergie négative

Lors d’une soirée au DJ Park ashram, une jeune fille enthousiaste a rencontré Daaji. Elle était toute heureuse de lui dire à quel point elle avait attendu de le rencontrer et que voilà, c’était arrivé. Ils ont discuté tous les deux et cette jeune fille disait que, selon la théorie d’Einstein, le voyage dans le temps ne devrait pas être possible. Daaji a répondu que si voyager physiquement dans le temps n’est probablement pas possible, cependant du point de vue spirituel, il est possible de remonter et d’avancer dans le temps. Il est possible de remonter dans le temps et de retirer des obstacles qui affectent le progrès d’une personne. Il est également possible de jeter un coup d’œil dans le futur.

Cette jeune scientifique a haussé les sourcils de stupéfaction et elle s’est alors mise à parler de l’énergie et des effets du toucher. Elle a dit qu’on ne devrait jamais toucher les autres avec l’index, car cette action enlève l’énergie positive.

Daaji a répondu: «Nous ne devrions pas être restrictifs dans nos pensées. Qu’est-ce que la Transmission? C’est l’énergie utilisée pour le progrès d’autrui. Un Guru transmet son Essence Divine (énergie positive) pour le bien d’autrui.»

La jeune fille a acquiescé en hochant la tête.

À la fin de la discussion, au moment de partir, elle s’est approchée de lui pour faire une photo; Daaji a alors pointé du doigt l’épaule de la jeune fille avec son index. Elle a fait de même, en touchant à son tour l’épaule de Daaji avec le sien.

Daaji lui a dit en riant: «Tu vois, à présent tu me donnes de l’énergie négative!»

Elle a ri et fait mine de la retirer comme un magicien avec un geste de tous ses doigts. Dans ce petit geste, il y avait de la joie et le signe d’une profonde leçon sur l’acte de ‘donner’.

Tard dans la soirée, Daaji a décidé de prolonger son voyage jusqu’au Kerala pour y rencontrer les pratiquants. Le voyage dans ‘le propre pays de Dieu’ allait commencer!

 

Vendredi 6 avril: Coimbatore et Aluva

 

Le pays de Dieu

Daaji est parti de DJ Park à 6h20, pour aller à Coimbatore; il est arrivé à 7h30 à l’ashram de Nachipallyam. Il a conduit la méditation de groupe et s’est reposé.

Il avait hâte de se rendre au Kerala, il est donc parti par la route vers 13h30. Pendant le trajet, Daaji était impressionné par le paysage d’une verdure luxuriante. Il n’a cessé de s’émerveiller et a fait remarquer: «C’est vraiment le propre pays de Dieu.»

Il a profité du voyage en alternant des moments de silence, de la musique, et en partageant ses observations.

 

Un mental de méditant

Pendant le voyage, Daaji a fait observer combien nous souffrons et réagissons dans la vie, sous l’effet des émotions: il a expliqué comment un malentendu peut déclencher une charge émotionnelle qui va causer de la colère et des problèmes relationnels. Daaji a illustré cela avec l’histoire d’un roi et du Maître Soufi, Junayd.

Daaji: Junayd était l’un des plus grands Maîtres Soufi et le roi vint le voir car il voulait devenir son disciple.

Junayd ne voulait pas dire directement ‘non’ au roi, bien qu’il sentit que celui-ci n’était pas prêt pour l’initiation spirituelle; il n’a donc cessé de la reporter plutôt que de s’attirer des ennuis: «Faisons-le la semaine prochaine.»

Le roi le suivait partout et il était difficile pour Junayd de s’en libérer. Comme il était roi, il s’imposait.

Finalement Junayd lui dit: «D’accord, je vais vous initier à mon système dans une semaine.»

Junayd était malin; il monta un scénario. Il traversa la rivière depuis sa ville jusqu’à l’endroit où vivait sa famille. Assis sous un arbre, il convia une femme à le rejoindre; ils s’installèrent là, autour de coupes superbement disposées et passèrent presque deux ou trois heures à savourer mutuellement leur compagnie, à se verser des verres de la boisson contenue dans la jarre et à s’offrir mutuellement de la nourriture.

Le roi assistait à tout cela depuis l’autre rive.

«Qu’est-ce que cet homme peut bien faire là? Il est avec une femme et il se targue d’être un Maître! Et non seulement est-il assis avec elle, mais il se fait tard aussi à présent et Dieu sait ce qu’ils font d’autre. Ils sont en train de boire de l’alcool.»

Alors il les rejoignit et débarqua devant eux en criant: «Quelle sorte de Maître êtes-vous donc?» Il se mit à l’injurier tellement il était en rage! «Maintenant je vais vous chasser de mon royaume, vous refusez de me donner l’initiation.»

Et la scène se poursuivit sur ce ton…

Junayd lui dit alors: «Seigneur, pardonnez-moi, vous êtes le roi. Je vous ai dit que vous n’étiez pas prêt pour cela.» Puis il tendit un verre au roi: «Goûtez-le c’est juste du jus de fruit.»

«Et qui est cette femme?» demanda le roi?

La femme ôta son voile et il put voir que c’était la mère de Junayd.

Le Soufi dit alors: «Vous n’êtes vraiment pas prêt à devenir mon disciple, car vous doutez tout le temps. Votre mental est plein de préjugés.»

C’est une belle histoire qui montre comment le mental interprète les faits. Vos yeux ont vu correctement mais votre esprit plein de préjugés interprète les faits comme vous voulez bien les voir. Tant que cette charge émotionnelle n’est pas clarifiée, tout cela n’a rien à voir avec votre nature réelle. Parfois vous vous méprenez sur toute la ligne, même si ce n’est pas dans vos tendances de vous mettre en colère.

Alors que se passe-t-il dans ce cas de figure? Ce malentendu peut causer de l’irritation, de la colère et gâcher une relation. Et on entend souvent les gens dire: «Oh, je me suis mis en colère.» Et naturellement, le tout par ignorance et à partir d’un malentendu! C’est pour cela qu’il est très important de comprendre la situation. Pourquoi telle chose a été faite, par qui, à quel moment, et où. Tout cela fait partie des paramètres à prendre en compte.

Q: Alors le mental d’un méditant doit-il toujours chercher à comprendre?

Daaji: Toujours, sinon nous nous privons de l’expansion. Le mental d’un méditant s’efforce toujours de pardonner. Nous ne pouvons pas porter ce poids. C’est trop lourd. Même si c’est exact. «Ok, vous avez pris un verre avec votre mère. Et bien prenez-en un autre!»

Vers 15 heures, Daaji a fait halte près de Trissur chez un pratiquant. Il y a conduit la méditation et a passé un moment avec un groupe de pratiquants très affectueux. Il a ensuite poursuivi son voyage, et après une brève étape à Kochi, il est arrivé à l’ashram d’Aluva, tard dans la soirée. Ces voyages amènent nos groupes à se rassembler et aller plus profondément dans la spiritualité.

 

Samedi 7 avril: Aluva

Près d’un millier de pratiquants étaient présents à l’ashram d’Aluva. À 9 heures, Daaji a conduit la méditation de groupe, elle a duré une heure. Ensuite, il a parlé brièvement pour féliciter l’assemblée des pratiquants et leurs centres pour la merveilleuse qualité de la méditation et de la condition spirituelle.

 

Quand les Maîtres sont satisfaits

Daaji: Hier, en partant de Tiruppur, quelques pratiquants me mettaient la pression: «Pourquoi allez-vous au Kerala? Les pratiquants du Kerala sont déjà allés à Kanha et vous les avez tous rencontrés, mais vous n’êtes jamais venu dans notre centre.»

Je n’avais pas de réponse et je ne voulais pas non plus argumenter. Il arrive parfois que des choses sortent du planning. Je n’avais pas prévu de venir ici, mais une chose amenant l’autre… et je sentais une telle attraction.

J’ai pu alors comprendre la sagesse contenue dans les paroles de Babuji: «Agissez de telle sorte que les Maîtres soient satisfaits et voyez ce qu’ils peuvent faire pour vous». Je pense que quelque part, d’une certaine façon, vous vous êtes tous élevés dans cet état et vous avez pu attirer leur attention. Le sitting de ce matin en dit long. Ceux d’entre vous qui voyagent avec moi, ceux d’entre vous qui ont l’habitude de mes sittings à Kanha également, savent qu’ils excèdent rarement 35 à 40 minutes. Aujourd’hui, c’était sans effort et, zou, une heure. J’étais tellement surpris! Aussi dois-je féliciter les pratiquants d’ici pour une pareille condition et, quoi que vous fassiez, je vous prie de continuer à le faire de bon cœur et d’essayer si possible de vous aventurer dans d’autres sphères, d’autres dimensions où nous attendent des conditions plus fines, des conditions raffinées.

Un de mes frères me disait hier que les pratiquants locaux pratiquent avec beaucoup de zèle; ils lisent aussi beaucoup de livres et sont bien informés sur le Sahaj Marg. Je n’ai donc que des éloges à faire à ce centre et aux centres des alentours. Merci!

 

La paix est la condition prérequise pour des états supérieurs

La paix est la condition préalable au bonheur et elle l’est également pour l’état de Samadhi. Il y a divers états de Samadhi, divers types de Samadhi, diverses dimensions de Samadhi, mais la condition préalable est toujours un cœur en paix. Si nous essayons sans cesse de satisfaire des désirs, ici et là, à tout prix, le cœur devient très agité. Aussi avons-nous besoin de nous focaliser sur l’essentiel et de le satisfaire. Ayant satisfait l’essentiel, tout le reste s’en trouve satisfait, car il y a réalisation du but. Une fois arrivé à l’état de Samadhi, d’autres stades de Samadhi nous attendent également. Au début, souvent avec une seule dose de transmission, nous nous perdons. Rappelez-vous votre premier sitting, le deuxième, le troisième et les suivants – ils étaient tellement bons. Vous avez senti: «Oh, j’étais complètement loin! Il ne m’est jamais rien arrivé de tel dans ma vie.» Nous écrivons cela dans notre journal, mais ensuite l’état de Samadhi qui ressemble à la pierre change à son tour. Lalaji Maharaj donne à l’état où on est pleinement absorbé tout en étant conscient, le nom de Sahaj Samadhi, ou quatrième état, la condition Turiya. Dans la condition Turiya, nous nous sentons si absorbé, si détendu, tout en étant pleinement conscient. Il y a une autre définition du yogi: celui qui peut sembler assoupi mais qui est pleinement absorbé et pleinement conscient.

Le Sahaj Marg offre beaucoup plus que cela: ce que j’appelle l’état Turiyateet dans lequel cet état Turiya prédomine au cours de nos activités quotidiennes, se prolongeant au-delà des heures de méditation. Vous pouvez être à l’école, au travail, peut-être en train de cuisiner, peut-être en train de conduire ou de ne rien faire en regardant la télé, mais votre état intérieur est si profond, comme si vous étiez en état de méditation.

Nous parlons souvent de la façon dont sont formés les samskaras; ils sont également formés par cette loi de cause à effet. Quelque chose se produit et cela crée un effet. Je regarde une belle rose et mon regard est attiré par sa beauté. Plus tard, je repasse par-là, et je veux la tenir dans ma main et je m’exclame: «Waouh, qu’est-ce qu’elle sent bon!» Le troisième jour j’ai envie de la cueillir et de la ramener chez moi. C’est la cause et l’effet, l’effet de propagation.

Comment pouvons-nous en tirer parti dans la vie spirituelle? Laissons la condition de paix du cœur créée par la méditation, devenir la fondation d’autres états en croissance: bonheur intérieur, contentement intérieur. Ce sont le résultat d’un cœur en paix qui produit à travers l’état semblable au Samadhi, l’état Turiya, l’état Turiyateet. Nous devenons à présent éligible à la fusion.

Lorsque la pureté règne en maître, la simplicité est à son pinacle. Le cœur pur peut devenir éligible à fusionner avec la pureté ultime. Tant que nous entretenons des souhaits et des désirs, que nous chantons nos propres louanges, y compris notre réussite au Sahaj Marg, il ne se produira rien. Ce n’est que lorsque nous dépassons tout cela que nous devenons véritablement éligible à fusionner dans cette pureté ultime que nous appelons Dieu. C’est une appellation présumée, car personne n’a vu Dieu. Nous tenons cela pour acquis. C’est comme une hypothèse: soit nous supposons qu’il est là ou nous supposons qu’il n’est pas là. Eh bien de toute façon, quelque part au bout du compte, nous prouvons dans notre vie que «Oui! Il est absolument là!» Et alors, nous entamons le voyage de telle façon que nous devenions apte à fusionner en Lui. Ce n’est qu’après la fusion que commence notre véritable voyage spirituel. Jusque-là nous ne faisons que préparer les fondations.

Nous avons la religion, la spiritualité, la Réalité et également la béatitude en abondance. La béatitude aussi devient trop pesante vers la fin et nous disons: «D’accord, je n’ai plus rien à faire de la béatitude; je renonce à la béatitude.» Renoncer aux autres choses de la vie quotidienne qui viennent des samskaras est très facile, de même que d’arrêter de chanter nos propres louanges – comme on dit – ou d’abandonner l’ego, transcender l’ego, transcender maya. Ce sont de petites choses. La chose ultime, celle qui consiste à abandonner l’état de béatitude, est un défi. Mais à travers le Sahaj Marg, quand nous avons compris toutes les étapes, l’une après l’autre, l’une menant à l’autre, cela se produira alors de la plus naturelle des façons. Il se peut que nous ne sachions même pas que «Maintenant, je serre la main de Dieu.» À ce moment-là aussi, cela semblera complètement normal, tout comme simplement respirer l’air. Cela ne demande pas beaucoup d’effort. L’osmose dans cette ultime pureté se produira de façon si naturelle que nous n’en reviendrons pas. En fait, nous ne saurons même pas que nous avons rencontré Dieu ou le Divin. Ces vibrations deviennent notre nature. C’est comme une goutte d’eau qui tombe dans l’océan. Elle n’existe plus en tant que goutte d’eau et il ne reste plus de goutte d’eau pour reconnaître: «Oh! Je suis devenue l’océan.»

Je pense donc que nous avons une belle fin en perspective, même s’il n’y a pas de fin quand nous nous embarquons dans une vie spirituelle. Ce livre-là peut être fermé très joyeusement dans cette vie et nous pouvons dire: «J’ai fait ce que je devais faire. Je ne pouvais faire rien de plus et merci mon Dieu.» Et merci de votre écoute, sœurs et frères.

 

Qu’en est-il du changement social?

Daaji a conduit la méditation de groupe du soir puis, il a répondu aux questions de pratiquants:

Q: Cher Daaji, avec votre visite, l’état du Kerala commence un nouveau voyage spirituel; un nouvel éveil spirituel est en train de se produire. Ce matin, vous nous avez aussi dit que notre état se trouve clairement sur la voie du progrès. En même temps, cet état affronte également des défis sur différents plans – politique, social et économique; et il est unique que l’influence des médias soit très forte et que nous ayons un gouvernement orienté à gauche. La question est: comment situez-vous cet état sur la carte spirituelle ou l’échelle spirituelle? Où en sommes-nous? Quel avenir imaginez-vous pour l’état du Kerala?

Daaji: À titre personnel je dirais que, lorsqu’un individu n’est pas heureux, sa famille ne peut pas être heureuse. Lorsqu’un individu n’est pas spirituel, l’ensemble de la famille manquera de spiritualité. Voulez-vous ajouter la spiritualité et en faire un égrégore? La spiritualité est individuelle et je ne peux même pas forcer mon épouse à méditer. Bien sûr peut-être médite-t-elle, et vous pouvez demander à vos proches de méditer, peut-être vont-ils aussi coopérer, mais pensez-vous qu’ils méditent à votre rythme, à votre niveau d’amour? Leur recherche est-elle vraiment sincère, authentique?

Si nous ne pouvons pas parler en toute confiance de notre propre famille, comment pouvons-nous concevoir la destinée de l’état tout entier? Les personnes spirituelles se mêleront de leurs affaires, en s’acquittant du mieux possible de leur devoir envers la communauté et l’état; nous faisons simplement notre part du mieux que nous pouvons. C’est la raison pour laquelle Babuji a prescrit la prière de 21 heures, pas seulement pour l’état ou la famille, mais pour le monde entier. Je ne peux changer personne; le changement arrive de son plein gré. Si l’autre personne voulait aussi changer, alors il y a une possibilité. Vous voyez?

Le scénario politique au Kerala et dans le monde entier est si corrompu. Comme les divisions communautaires ne cessent de s’accroître, il y a tellement d’un côté et si peu de l’autre. Cela prend de l’ampleur également dans toute l’Inde. L’écart s’élargit et qui sait quand l’évolution s’effondrera et quand tous les éléments négatifs seront lâchés.

Vous avez dû savoir que pendant les fêtes de Bharath, (NDT: la célébration du premier jour de l’année se déroule au Kerala le 13 et 14 avril), les logements de l’un de nos pratiquants ont été saccagés sans raison à Gwallior. C’est parce qu’il appartenait à une certaine communauté qu’on a cassé ses véhicules, brisé ses fenêtres et tout détruit. Il n’y a pas que sa famille qui en souffre, mais tant d’autres. Nous sommes vraiment entrés dans une zone toxique pour notre vie terrestre. Mais faisons de notre mieux pour nos familles, pour nous-mêmes et prions pour le reste.

 

La neuroscience du Samadhi

Q: Daaji, comment pouvons-nous progresser jusqu’à l’état de Sahaj Samadhi? Nous avons besoin d’un peu plus d’indications sur la façon d’atteindre l’état de Turiyateet et d’y demeurer en permanence.

Daaji: Les méthodes nous sont déjà données; nous n’avons qu’à les appliquer dans notre vie quotidienne: la méditation du matin, le nettoyage du soir et la prière au coucher suffisent pour arriver à ces conditions élevées. Lalaji Maharaj et Babuji Maharaj en ont parlé.

Qu’est-ce que Turiya? A nouveau, vous ne devriez pas être confus avec ce qu’est Turiya en sanscrit. D’un point de vue scientifique vous pouvez en faire une expérience – une expérience de conscience, une expérience d’attention. Pour faire très simple, je vais vous expliquer l’essentiel que sous-tend la mesure de l’activité cérébrale ou électroencéphalographe (EEG). Chaque fois que vous pensez, s’il y a de la colère dans votre esprit, cela provoquera des impulsions électromagnétiques dans votre cerveau, créant un champ magnétique qui peut être mesuré. Si vous pensez trop vite, on pourra mesurer cette vélocité. Si vous ne pensez pas du tout, il y aura un niveau d’activité mentale très bas, donc un niveau très bas d’activité électrique et de champ magnétique créé.

Ainsi, lorsqu’il y a beaucoup de pensées, il y a un effet ondulatoire intense, si bien que l’aiguille de l’EEG se déplace très rapidement. En revanche, lorsqu’une personne est paisible, la mesure sera également plus lente et plus calme. Quand vous lisez un livre que vous appréciez, que vous écoutez de la musique, ou que vous méditez, elle ralentira. Pendant le sommeil, la fréquence ralentit encore plus. Nous avons mesuré l’EEG de quelques abhyasis qui pratiquaient la méditation Sahaj Marg et cela reproduit exactement la condition de sommeil profond alors que la personne ne dort pas. Lorsque nous sonnons une cloche, la personne l’entend; elle est donc consciente mais son tracé d’EEG est extrêmement bas, comme si elle était plongée dans un profond sommeil.

Dans la Gita, Krishna dit qu’un yogi est quelqu’un dont la conscience est dans un état identique au sommeil alors qu’il est en plein travail. Ainsi, notre mental travaille mais il est paisible – il ne court pas après dix mille choses, il ne s’affole pas, il ne réagit pas par des signaux rapides. Il évolue lentement en pleine conscience. C’est donc ce qui se passe dans l’état Turiya: vous acquérez l’état du sommeil, tout en étant pleinement conscient de ce qui se passe à l’intérieur et à l’extérieur. Je ne parle pas de la présence du Maître.

La condition Turiya est possible dans la méditation Heartfulness même pour une personne qui médite pour la première fois. Si on vérifie leur EEG, le tracé indiquera le schéma de l’onde cérébrale du sommeil profond. Dans l’ensemble, je dirais que 99% de nos pratiquants sont capables d’apprécier les bienfaits de l’état Turiya pendant la méditation et que s’ils font assez attention de maintenir leur condition après la méditation, ils peuvent le prolonger de sorte qu’il devienne l’état Turiyateet, les yeux ouverts. Et alors vous évoluez dans la vie dans un état de calme.

 

Le corps, le mental et l’âme

Q: Il est dit que les corps subtils vont avec l’âme, cependant la vie n’a d’existence que lorsque le corps et l’âme sont unis. Pourriez-vous nous éclairer sur ce concept?

Daaji: La première chose que j’ai apprise sur cette histoire de corps subtil c’est en lisant Vérité Eternelle de Lalaji Saheb. Il décrit merveilleusement la façon dont nous avons:

  1. Le corps physique, qui est la manifestation extérieure.
  2. Les corps subtils, qui sont nombreux, mais dont les quatre principaux sont: chit, manas, buddhi et ahankar.
  3. Le corps causal, le plus profond, cause de toute chose, karan de toute chose. C’est notre atman, et sans l’atman, oubliez les corps subtils et le corps physique.

Tous ces éléments sont nécessaires, et l’âme dans sa sagesse, choisit des parents, s’incarne et se manifeste sous une forme physique. Cette forme physique est indispensable, aussi devons-nous la maintenir en bonne santé, permettant à ces quatre corps subtils de croître en parallèle. Alors l’âme pourra se réaliser.

Le but est quelque chose d’autre. Quand nous demandons ‘quel est le but de la vie?’ nous pensons souvent à tant de concepts ésotériques, mais selon mon cœur, le but de la vie est simplement de faire à chaque instant le mieux que nous pouvons. Et quand vous parlez d’améliorer l’âme et sa qualité, pouvez-vous améliorer ce qui est déjà pur et éternel? Vous ne le pouvez pas. Elle est ce qu’elle est.

Comment pouvons-nous améliorer le corps physique? Si nous accordons trop d’attention au corps physique, nous en serons prisonnier. Nous lui sommes déjà si fortement assujetti, et pourtant ce corps physique ne peut que vieillir et se dégrader. Il suit son rythme naturel propre et ne peut évoluer, il peut seulement vieillir.

Alors quel est l’objet de cette évolution, si elle ne concerne ni l’âme ni le corps physique? Elle concerne les corps subtils: chit, manas, buddhi et ahankar. Nous avons tous une conscience, nous avons tous un mental, nous avons tous un intellect, nous avons tous un ego. Lorsque ces quatre corps évoluent peu à peu pour devenir ce que nous trouvons chez un saint, qu’advient-il d’eux à la fin?

La conscience est le champ dans lequel manas, buddhi et ahankar jouent leur rôle. Qu’advient-il de manas? Le rôle de manas est de penser et la pensée doit évoluer du mental au cœur. C’est tout un spectre dans lequel, au lieu de focaliser uniquement sur cet appareil pensant, nous laissons le cœur assumer un rôle plus actif. Les saints répondent sans avoir à penser. L’exemple que je donne souvent est celui d’un homme d’affaires, d’un employé de bureau ou d’un étudiant, qui a un problème et reste perplexe pendant des mois d’affilée. Sa mère, sa sœur ou son épouse va lui demander: «Qu’est-ce qui ne va pas? Dis-moi ce qui te tracasse.» Lorsqu’il se confie et dit: «Maman, voilà mon problème», elle va immédiatement suggérer une réponse. Une épouse fournira également une réponse immédiate à un problème que vous avez ruminé pour rien, pendant trois ou six mois. Bien sûr la pensée a son propre rôle, mais si vous pouvez ressentir la situation, vous pouvez obtenir une réponse immédiate.

C’est la même chose pour l’intellect, nous pouvons intellectualiser sur tant de sujets, mais une fois que notre intellect développe l’intelligence, nous devenons plus intuitifs, la sagesse se développe et nous commençons à recevoir la guidance de l’intérieur. Il n’y a plus besoin d’intellectualisation, les choses se révélant d’elles-mêmes.

Et qu’en est-il de l’ego? Tant que nous restons égotique, il n’y a pas grand-chose qui puisse être accompli. Un mental égotique se préoccupe uniquement de ‘moi-même’. Une personne égotique ne pensera pas beaucoup à Dieu. C’est un long chapitre.

L’évolution conjuguée de ces trois corps permet à la conscience de grandir. Mais en fait, Babuji Maharaj met un bémol sur cet aspect de la conscience. Il dit qu’alors que l’expansion de notre conscience est bonne et que nous devons faciliter son évolution, nous devons également prêter attention à quelque chose de bien plus important que cela. Il donne l’exemple des jouets que l’on donne aux enfants: les enfants ont besoin de jouets pour s’amuser et les adultes ont aussi leurs propres drôles d’idées sur l’amusement. Les yogis également gâchent leur sadhana et leur tapasya en jouant avec la conscience. Babuji nous invite à aller au-delà de la conscience au Sahaj Marg et à découvrir ce qu’est le potentiel derrière la conscience; quel est le support de la conscience?

Il nous faut donc avancer petit à petit comme cela. C’est cette combinaison des corps subtils qui forme un amalgame avec l’âme et chemine d’une vie à l’autre. Les samskaras sont stockés dans ces corps subtils. Plus les samskaras sont supprimés, plus les corps subtils deviennent libres. Et l’âme trouvera sa propre libération grâce à ce processus. Merci.”

En l’espace de dix minutes, il a plu à verse, emplissant l’atmosphère d’une fraîche brise et de joie. Comme si le propre pays de Dieu était béni une fois de plus!

 

Dimanche 8 avril: Aluva

Daaji s’est levé tôt et a conduit la méditation. Son discours de clôture tenait en un mot: «Merci.»

Un de nos frères a demandé à Daaji: «Qu’est-ce que la possessivité? Pourquoi se manifeste-t-elle? Est-ce de l’amour ou de l’insécurité?»

Daaji a répondu: «Ce n’est absolument pas de l’amour. L’amour donne la liberté.»

Il est reparti pour Bangalore pour rencontrer le nouveau membre de sa famille. Le voyage officiel se termine jusqu’au début du prochain!

Il se passe tant de choses en voyage qui ne peuvent être captées en mots, qui ne peuvent être captées en connaissance. On peut toujours rester ajusté intérieurement et expérimenter.

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