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Voyage avec Daaji à Bengaluru (Bangalore) – 2ème partie, 30 juillet 2019

Pendant la journée et entre diverses activités, Daaji a consacré du temps aux visiteurs et aux abhyasis (pratiquants) pour donner des méditations, et aussi partager de nombreuses et profondes réflexions au cours de conversations informelles. En voici quelques-unes:


Le potentiel d’évolution


En réponse à une question sur les samskaras, Daaji a expliqué: «vous pouvez voir qui sont ces abhyasis qui font bien leur nettoyage chaque soir. Même leur corps physique est empli de lumière. Il n’y a aucune lourdeur dans leur système. Mais malheureusement, la plupart d’entre eux ne font pas ce nettoyage.»

Pensif, il poursuivit: «nous sommes tout à fait à la bonne place pour évoluer dans cette vie. Nous avons le soutien du grand Maître, Babuji Maharaj, nous recevons la transmission de la Source, et malgré tout, nos abhyasis ne font pas leur pratique; alors comment vont-ils bénéficier de ce qui est offert si généreusement à tous? Avec un tel soutien, si nous ne pouvons y arriver dans cette vie, je ne pense pas que cela sera possible dans une autre vie. Actuellement, nous bénéficions d’une opportunité optimale. Sinon, nous devrons attendre le mahapralaya pour retourner à la Source.»

Ceux qui l’entouraient, ont ressenti qu’il nous invitait tous à réfléchir à ce grand dessein de l’évolution.


Causes et effets


Daaji: Il existe un adage: ‘Bin badal barat’, signifiant ‘de la pluie sans nuages’, qui est semblable à l’affirmation de Babuji: ‘Il y a des effets sans causes’.

Vous vous attendez à ce que les nuages soient la cause de la pluie, mais il n’est pas nécessaire qu’il y ait une cause pour que Dieu vous plonge dans un état de Grâce. Nous suivons toujours la seconde loi de Newton, celle de cause à effet, d’action et de réaction. Vous voyez qu’il y a des causes sans effet et des effets sans causes.

Par exemple, vous essayez de plaire à votre femme. Vous essayez – c’est la cause – mais ça n’arrivera peut-être pas! Où est l’effet? [Rires] Nous n’avons pas besoin de chercher dans la philosophie, c’est là dans notre vie personnelle.

Q: Peut-être n’y a-t-il alors pas de cause à la création?

Daaji: Mais une création si gigantesque a dû avoir une cause et un résultat attendu. La cause est l’agitation initiale, la perturbation initiale. Ou peut-être que la perturbation était là et qu’elle est devenue la cause de la création… Je pense qu’il est bien futile de discuter de la raison pour laquelle Dieu a créé l’univers. C’est une discussion sans fin.

Il l’a déjà créé, alors à quoi bon se demander: «pourquoi ai-je été créé?» Vous êtes là maintenant, alors cessez de vous en préoccuper. Peut-être que s’il vous l’avait demandé avant la création, vous auriez pu être présent pour avoir la réponse. Mais à présent, vous êtes déjà là. Babuji disait en plaisantant: «si vous aviez été là, Dieu vous aurait consulté en premier.»

Il y a des questions comme: «qui est venu en premier, l’œuf ou la poule?» On peut ainsi continuer à l’infini, mais Babuji a dit que c’est la graine de l’arbre qui est venue en premier. Il a dit: «Dieu n’était pas idiot. Il a préféré créer quelque chose plus subtile pouvant se transformer en une chose plus grande. Et ensuite le cycle se poursuit. S’il avait pu s’en tirer en créant une petite chose, pourquoi en créer une grande?

C’est toujours le subtil qui crée le plus dense. Les pensées mènent à l’action. Les pensées sont plus subtiles que l’action.

J’aime cette idée de la création originelle, où la non-création signifie qu’il y a un état zéro, une dimension zéro. Il n’y a rien dans l’univers; pas d’étoiles, pas de galaxies, même pas de lumière. Il vous faut des étoiles et des galaxies pour avoir de la lumière. Là, il n’y a rien. C’est le néant total.

Maintenant, que se passe-il si vous appliquez ici le principe de Newton? En règle générale, lorsque vous lancez un objet, celui-ci se déplacera jusqu’à une certaine distance, puis il s’arrêtera à cause de la friction et de la gravitation; mais là où il n’y a rien – aucune friction, aucune gravité, rien pour l’arrêter – même un petit mouvement se poursuivra à l’infini. Alors, pouvez-vous dire qu’une pensée ou une idée peut aussi se développer de cette façon? C’est aussi de l’énergie qui peut être infinie.

Q: Avant, le temps n’existait pas. C’est alors que le temps a été créé.

Daaji: Même maintenant, le temps n’existe pas! [Rires] C’est ce que nous croyons.


Les principes universels


Daaji: il est facile de comprendre que tout l’univers a été créé d’après des principes simples, comme par exemple, le principe de l’équilibre. Toute perturbation mène au chaos, que ce soit dans les relations humaines ou dans quoi que ce soit d’autre. L’équilibre est nécessaire, que ce soit au cœur de chacun d’entre nous ou entre nous.

Quand devenez-vous universel? Lorsque vous vous éloignez de votre centre égotique. Lorsque vous devenez ce qui contient tout.

Q: Qui a créé ces principes?

Daaji: Ils sont existentiels. Personne n’a eu à les créer. L’ensemble de l’existence est régi par ces principes. Par exemple, «Aimez tout.» Qui écrirait une telle chose? C’est le seul principe possible pouvant maintenir l’équilibre des choses. Alors quand nous parlons de Dieu, ne ferions-nous pas mieux de parler de piété. Quand on parle de Dieu, on parle d’une personne qui a des limites.

Q: Le mot ‘Source’ est aussi plus subtil.

Daaji: Oui. L’existence.

Q: Je ne pense pas que quelqu’un ait utilisé le mot ‘Centre’ avant Babuji.

Daaji: Non, personne. Et tout le monde peut le comprendre, même si vous ne croyez pas à la spiritualité. Se centrer – lorsque vous vous centrez et que vous dirigez pleinement votre attention vers l’intérieur – procure tant de paix.


Les dimensions


Daaji: Nous discutons toujours du monde physique. Personne ne pense aux autres dimensions, parce que nous ne le pouvons pas, nous n’y avons pas accès. Quand nous mourrons, qu’arrive-t-il à notre âme? Elle va dans une autre dimension. Où se trouve cette dimension? Est-elle physique? Non, vous ne pouvez pas dire cela. Si elle avait été physique, l’âme serait aussi physique.

La création de toutes ces dimensions s’est donc produite simultanément. Tout comme ce monde manifesté existe, des dimensions non manifestées existent, elles aussi. Se manifesteront-elles? Je ne le pense pas, à cause de la nature de leur fréquence; le niveau d’énergie de ces dimensions est trop subtil.

Q: En faisons-nous l’expérience lors de notre méditation? Pouvons-nous en faire l’expérience?

Daaji: Toujours. Lorsque nous plongeons très profondément en méditation, là où nous ne sommes pas conscients de nous-mêmes, nous sommes dans une zone totalement différente, dans une dimension différente, et nous ne gardons pas la conscience de cette dimension. Il se trouve que nous ne pouvons pas nous souvenir de ce qui s’est passé là-bas. Nous ne pouvons décrire cette expérience qu’en disant: «j’étais perdu.»

Et si nous réfléchissons à la condition intérieure que nous avons eue lors de cette profonde méditation: était-elle à l’extérieur? Elle ne l’était pas. Elle n’était qu’à l’intérieur de nous. Tout ce que nous pouvons dire c’est: «c’était en moi. J’étais perdu en moi-même.» Toutes ces dimensions se trouvent donc en nous.


Barzakh


Q: Lalaji parlait de Barzakh entre un chakra et un autre.

Daaji: Barzakh, c’est être dans les limbes, c’est une étape entre-deux. Pour nous aider à le comprendre, Babuji employait l’analogie suivante: «vous avez l’habitude de marcher sur la terre ferme. Cela signifie que vous êtes habitué à une condition particulière du cœur. Maintenant, lorsque vous passez au point suivant, lorsque votre intention est de traverser l’espace intermédiaire pour passer à l’étape suivante, c’est comme traverser une rivière d’une rive à l’autre. Vous avez l’habitude de marcher, puis vous arrivez au bord de la rivière, mais vous ne savez pas nager pour aller de l’autre côté. De même, barzakh est cet espace intermédiaire, inhabituel pour vous. Ça va si vous savez nager. Sinon, demandez l’aide d’un Maître qui peut vous emmener en bateau pour que vous y arriviez facilement, sans aucun risque de vous noyer.

Selon Babuji, si vous pouvez traverser cette étape seul, sans l’aide de votre guide, c’est la meilleure chose. Ainsi, quand vous n’êtes pas capable de méditer et que, malgré tout, vous bataillez et faites de gros efforts pour méditer afin de vous sortir de cette situation où vous n’avez plus envie de méditer, alors vous vous maîtrisez vous-même. Alors, vous allez traverser. C’est le meilleur progrès qui soit, si on le compare au progrès obtenu quand on est transporté. C’est comme le fils ou la fille d’un millionnaire: les revenus qu’ils ont ne sont pas les leurs; ils n’ont jamais travaillé pour cela, ils n’en tirent donc aucun mérite.


La conscience


Q: Que faut-il penser de l’enregistrement de Babuji que nous écoutions, dans lequel il disait qu’au cours de ses abhyas (pratique), il programmait le premier jour de chaque mois avec la pensée que: «ce jour-là, je serai dans la région suivante.» Tous les mois, il se déplaçait d’une région à la suivante. Il en programmait simplement la date.

Daaji: c’est magnifique. Cela veut dire que je dois connaître ma position, savoir où je me trouve maintenant; c’est-à-dire que je dois pouvoir dire en tout confiance comment je me sens maintenant, quelle est ma condition intérieure, quel est mon état mental, quel est mon ressenti. Mais quel que soit ce ressenti à ce moment, il sera incomplet. Toujours. D’où la nécessité d’aller de l’avant.

Jusqu’à ce que quelque chose d’autre survienne et que vous sentiez: «j’aurais aimé recevoir ce qui l’aurait complété.» Mais au moment où vous atteindrez cet état, vous sentirez qu’il vous manque toujours quelque chose. Si vous ressentez vraiment qu’il vous manque quelque chose, c’est bien. Cela signifie que vous êtes au moins capable de percevoir et de ressentir cet état. Vous vous déplacez alors d’une incomplétude à une autre incomplétude, jusqu’à l’incomplétude suivante.

Vous devez en prendre conscience. Lorsque vous aurez conscience de cette incomplétude, vous sentirez dans ce que vous percevrez ensuite que: «là se trouve ma perfection.» Mais ce n’est pas le cas. Cependant, cela vous permettra d’y aller. Petit à petit, cela s’affine de plus en plus. Ainsi, nous passons de l’imperfection régnant au niveau inférieur, à l’imperfection régnant au niveau supérieur, ou mieux encore, d’un état plus dense à un état plus subtil. La prise de conscience est donc nécessaire. La conscience intérieure, en allant ainsi du plus fin au très fin…

Sinon, c’est comme cette plaisanterie sur Mulla Nasaruddin. Depuis des années, lui et sa femme voulaient un bébé.

Et sa femme ne cessait de lui rappeler: «quand nous aurons un bébé, où dormira-t-il?» Elle lui rappelait: «ayons des enfants.»

Il répondait: «quand nous aurons un bébé, je me pousserai, pour qu’il ou elle puisse dormir entre nous.»

Puis elle demandait: «et si nous en avons un deuxième?»

Il se déplaçait un peu plus loin en disant: «nous pourrons coucher le deuxième là.» «Et le troisième?» demandait-elle.

En essayant de se pousser plus loin, il est tombé du lit et il s’est cassé la jambe. Ses hurlements de douleur avaient alors réveillé tout le voisinage.

Il dit alors: «Regardez-moi ça! Mon enfant n’est pas encore né, et il me fait tellement souffrir!» [Rires]

Ce sont donc des déclarations qui sont générées par de l’ignorance, de la sottise.

A suivre…

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