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Voyages et conversations avec Daaji – Du 30 novembre au 4 décembre 2018

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Kanha Shanti Vanam


Du 30 novembre au 4 décembre 2018


Bonjour à tous – La transformation et le changement

Nous avons commencé à nous imprégner de la beauté de Kanha bien avant le début du séminaire, certains avec des attentes, d’autres s’engageant dans leur premier voyage de découverte de la spiritualité. Beaucoup ont dit qu’ils avaient ressenti la préparation du séminaire, des semaines auparavant.

Le temps à Kanha à cette époque de l’année est plutôt agréable. Pour beaucoup d’entre nous c’est la température la plus froide que nous connaissions. Nous avons apporté pour la méditation de groupe de 6h30 des châles et des pulls pour nous envelopper d’un confortable cocon.

Chaque matin, le cadeau exceptionnel de la nature était le paysage enchanteur et le lever du soleil qui illuminait à la perfection les fleurs, juste à l’extérieur du hall de méditation.

conversations-daaji-seminaire-2Le 30 novembre, avec la première méditation, Daaji nous a accueillis et ouvert la porte à la transformation et au changement. Voici son discours d’ouverture:

Bonjour et bienvenue,

Je souhaite chaleureusement la bienvenue à tous les pratiquants, et en particulier à ceux d’entre vous qui viennent du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord. Certains ont fait un grand sacrifice pour venir ici, compte-tenu de la situation économique de nos sœurs et frères d’Iran. Nos cœurs sont avec vous; puisse le Maître bénir ce pays.

Ce matin, au petit déjeuner, une sœur m’a demandé: «Hum sadhna toh karte hai lekin aur kya?», ce qui veut dire: «Nous pratiquons mais que puis-je faire d’autre?» La pratique n’est qu’un début; ce n’est pas la fin. La pratique nous fait écouter notre cœur, la pratique purifie notre cœur. Avec un cœur purifié, nous percevons des signaux purs venant de l’intérieur, grâce à une conscience modifiée. Ce n’est pas seulement les gens qui méditent qui ont une meilleure conscience – cela n’est pas vrai non plus. En fait, beaucoup de personnes qui ne méditent pas, ont une conscience plus large. Mais pour ceux d’entre nous qui méditent régulièrement, notre conscience s’améliore sans cesse de manière exponentielle et, avec cette amélioration, nous interagissons depuis un nouveau niveau d’approche. L’ancien niveau, les anciennes habitudes, ne seront pas compatibles avec le nouveau niveau de conscience. Les vieilles habitudes doivent disparaître, les vieux traits de caractère doivent disparaître, et les vieilles tendances doivent disparaître si nous voulons grandir en même temps que notre conscience.

A travers la sadhana, nos Maîtres nous accordent à chaque fois un niveau de conscience différent. Pour correspondre à cette conscience, nous changeons notre mode de vie, c’est ce qu’on attend de nous. Lorsque Lalaji Maharaj parle de ‘akhlaaq’, c’est uniquement ceci: de quelle façon continuons-nous à modifier constamment nos tendances intérieures, notre comportement intérieur, nos pensées, nos attirances et nos aversions intérieures. Après avoir sensibilisé notre cœur par la méditation, il est à présent temps d’agir. C’est tout ce qu’il y a à faire.

Le pratiquant fervent

Quelle est la différence entre un pratiquant vraiment fervent et celui qui ne l’est pas? C’est uniquement ceci: le pratiquant fervent continue constamment à changer son mode de vie et sa façon d’agir. Certains pratiquants, tout en sentant qu’ils doivent changer, restent tels qu’ils sont. Leur conscience change à un niveau mais le cœur ne change pas du tout, les tendances ne changent pas du tout, parce qu’ils ne font pas d’efforts.

Quand nous parlons d’une meilleure condition, lorsque des pratiquants viennent pour des sittings, nous pensons: «Le travail est fait.» Lorsque Babuji est venu dans les pays occidentaux, avant que son avion ne décolle, il a dit: «Mon travail est fait.» C’est une façon de penser que ce que vous avez projeté dans votre cœur et dans votre esprit est à présent en train de se concrétiser, que ce soit dans le domaine de l’émotion ou celui du monde physique, au niveau de votre santé ou dans le monde de la spiritualité.

Si vous pensez que vous l’avez fait en présence des Maîtres, si vous n’avez plus rien à accomplir, et si c’est un sentiment venant du cœur, je devrais vous féliciter. Je me souviens souvent des deux vers de Babuji:


Rah-e-talab mein aise bekhbar hogaye,

pyarki manjil ko doondte


Ayant atteint la voie, ayant rencontré le Maître, avez-vous ressenti dans votre cœur que vous avez atteint votre destination? Si votre cœur est d’accord, alors je dois vous féliciter.

Si ce n’est pas le cas, il vous faut alors pratiquer de plus en plus – eh bien, continuez jusqu’à ce que vous ressentiez que: «La voie est devenue ma destination.» Parce que la voie est infinie et sur une voie infinie où est la destination? La voie devient elle-même la destination. Est-ce que nous appartenons véritablement à cette voie? Alors cela peut arriver. Si nous sommes encore en recherche même après avoir ressenti une grande paix dans le cœur, alors je pense que quelque chose nous fait défaut.

J’espère que vous laisserez tous votre ‘arbre signature’ ici à Kanha. Vous devriez tous planter quelque chose et si vous ne le pouvez pas à cause de limitations physiques, cela va aussi, profitez simplement des promenades du soir ici.

conversations-daaji-seminaire-3Les ateliers

Les ateliers quotidiens bien planifiés et animés avec cœur ont été accueillis par tous avec enthousiasme. Le premier nous a permis d’en apprendre davantage sur la façon de présenter Heartfulness. On nous a rappelé que chacun de nous peut amener Heartfulness dans son entourage par de petits signaux venant du cœur. L’atelier s’est terminé par un merveilleux exercice en petits groupes. Nous devions transmettre l’essence du Maître sans paroles. L’intensité de cette brève pratique nous a prouvé une fois de plus combien il est beau d’intérioriser la présence du Maître et de la partager avec tous.

Dans l’après-midi, nous nous sommes à nouveau rassemblés avec impatience pour en entendre davantage sur la conscience. Tellement de choses à découvrir et à assimiler! On nous a rappelé les trois éléments qui nous permettront de progresser rapidement:

1. Le désir intense
2. L’enseignant
3. Le but fermement en vue

On nous a encouragés à relire le chapitre de La Voix de la Réalité intitulé ‘Ma souffrance’ dans lequel ces éléments sont explorés par Babuji. Voici un extrait de ce chapitre:

«Il n’y a rien de difficile sur le Sentier Divin. Tout ce qui est nécessaire, c’est une volonté ferme et une attention entière. Alors, ce que vous recherchez se trouvera tout près de vous, ou plutôt en vous, en fait vous êtes vous-même ce que vous recherchez.»

‘Ouvrez votre cœur’ était le thème de la session suivante. Nous avons eu un super exercice de salutations dans lequel nous nous sommes inclinés de nombreuses fois les uns devant les autres et nous avons reçu une compréhension approfondie du sens de Namaste: «Le Divin en moi voit et salue le Divin en toi.»

Dans l’après-midi, nous avons fait l’expérience d’une méditation transformatrice de marche en silence, de vingt minutes au milieu des arbres. Nous avons conclu la session par une prière pour ceux qui n’étaient pas avec nous, et avons émis ensemble le sankalpa qu’ils seraient inclus dans la méditation de groupe du soir. Nous avons été tous touchés par cette tendre intention et les larmes coulaient.

Nous trouvant à ‘Green Kanha’, nous avons fait l’expérience de la communication avec les arbres. C’était notre dernier atelier sur la communication, et nous avons expérimenté la nécessité d’aller au-delà des cinq sens pour nous connecter et ressentir l’énergie subtile de tous les êtres vivants autour de nous. L’atelier s’est terminé par une lecture des ‘Principes de la Conversation’ de Lalaji, qui nous a transportés dans un profond état méditatif.

Depuis quelque temps maintenant, au cours des séminaires à Kanha, la chance nous a été donnée de participer au jardinage le matin de bonne heure. Il ne s’agit pas juste de jardinage et de volontariat, mais cela nous donne aussi l’occasion d’approfondir notre relation avec nos camarades jardiniers et avec la Nature. Ici à Kanha nous observons la proximité naturelle des cœurs, au-delà des dissensions régionales et de la politique. Cela a été illustré par des personnes ayant apparemment des visions opposées du monde (Iran et Israël) qui ont été attirées les unes vers les autres avec tendresse, bienveillance et appréciation mutuelles.

Le soir du 2 décembre, après la méditation de groupe, il y a eu une session de Questions/Réponses animée par Daaji. En voici quelques extraits:

La supraconscience

Q: Le spectre de la supraconscience du mental est-il disponible dans un esprit ordinaire, ou est-il le résultat d’un esprit méditatif?

Daaji: Il est disponible dans un esprit ordinaire.

Q: Les personnes disposent-elles d’une supraconscience même sans méditer?

Daaji: Oui et non. Vous voyez, si vous êtes né avec un état de supraconscience, vous n’avez alors pas besoin de méditer. Si ce n’est pas le cas, vous feriez mieux de méditer. C’est la beauté de Heartfulness. Par exemple, Babuji Maharaj écrivait à son Maître Lalaji en disant: «Monsieur, je ne peux pas méditer plus de cinq minutes, tout au plus dix,» car pour lui le temps était sans importance. Fermez juste les yeux et voyez si vous pouvez entrer en deux minutes dans un état profond de méditation. Alors pourquoi gaspiller une heure de temps? Bien sûr la méditation est une aide – même si ce n’est que pour deux minutes vous devrez méditer pour vous centrer afin d’atteindre ce plan de conscience.

Je vais vous donner un autre exemple: prenez les avatars, les prophètes et les messagers de Dieu, comme le Seigneur Krishna, le Prophète Saheb, Jésus Christ, Moïse, Bouddha, Mahavir; ne les avez-vous pas vus méditer? N’avez-vous pas entendu parler du Prophète parti dans les montagnes pour acquérir cette connaissance? Il a passé du temps retiré du monde. Moïse est allé sur la montagne. Bouddha a atteint le Nirvana grâce à la méditation. Ainsi lorsque nous posons cette question au sujet des ‘gens ordinaires’ qui ne méditent pas, même les gens extraordinaires méditent! Par conséquent, une personne ordinaire devrait aimer méditer. Ce n’est peut-être pas la méditation Heartfulness, mais on doit suivre une méthode pour centrer le mental, pour fixer l’attention du mental. Peu importe de quelle façon vous le faites: vous pouvez jouer au tennis de table, peut-être pouvez-vous faire du jogging, peut-être pouvez-vous faire du vélo, peut-être pouvez-vous peindre ou jouer de la musique. Mais d’une façon ou d’une autre, quelque part, quelque chose est nécessaire pour fixer son attention.

Une méthode comme Heartfulness ne concerne pas uniquement la conscience. Nous commettons souvent l’erreur de penser qu’elle ne concerne que la conscience. Nous devons aller au-delà de la conscience, car la conscience n’est pas notre but. Babuji dit que la conscience est importante, et que la supraconscience l’est encore plus, mais il y a quelque chose d’encore plus important que cela, une potentialité qui soutient la conscience. Nous nous demandons: Qu’est-ce qui soutient la conscience? C’est là où nous allons et, si possible, au-delà.

C’est la raison pour laquelle nous méditons, que nous faisons le nettoyage et d’autres pratiques. Certains d’entre nous ont rejoint ce système avec beaucoup de discernement, tandis que d’autres y sont tombés par pur hasard, parce qu’un ami ou un parent leur a dit: «Méditons.» Mais en avançant plus sérieusement sur la voie, nous comprenons que le but originel n’est plus le même. Et nous continuons à changer: «D’accord, quoi d’autre?» Et nous continuons en suivant la prochaine étape.

Supprimer les replis de la conscience

La méditation est comme un miroir. Elle nous révèle notre état. Lorsque nous fermons les yeux, elle nous aide à comprendre où sont les replis de notre conscience et quels sont les problèmes. Il y a des fois où nous ne sommes pas en mesure de plonger profondément. Il y a des fois où nous entrons immédiatement dans les profondeurs de la méditation. Rappelez-vous ces états si vous le pouvez. Quelles étaient les circonstances lorsque vous n’avez pas été capable de méditer correctement et que vous avez lutté. Il doit y avoir une cause derrière ce mental non-méditatif.

Une fois que nous arrivons à comprendre les causes, nous pouvons travailler dessus. La méditation nous aide à comprendre quels sont nos défauts, et ayant repéré ces défauts en méditation, nous devons à présent travailler sur eux. Il ne suffit pas de comprendre que nous n’avons pas pu aller en profondeur dans la méditation. Allez plus loin. Découvrez-en la cause et la façon de travailler sur cela. La méditation nous aide donc toujours. Même si nous sommes dans l’état de supraconscience, nous méditons encore, parce qu’il y a quelque chose au-delà de la supraconscience vers quoi nous sommes emportés.

La graine de la libération

Q: Dans le cinquième volume des Œuvres complètes de Ram Chandra, Babuji écrit que dans le premier sitting le Maître transmet au chercheur la graine de la libération. Est-ce que le Maître transmet au chercheur la graine du désir ardent ou est-ce l’effort conscient du chercheur?

Daaji: Eh bien, c’est le Maître qui fait le travail. Même les précepteurs ne doivent pas se soucier de la façon de faire le travail, parce que nous ne sommes que des conduits, nous ne pouvons pas déterminer la qualité de la transmission. La transmission est toujours la même. Elle vient de la Source. Bien sûr, le chercheur avec un cœur avide, un cœur assoiffé, un cœur suppliant, va accélérer tout le processus.

Nous lisons qu’au cours du premier sitting l’état de libération est transmis. ‘L’état de libération’ est transmis, mais cela ne veut pas dire que vous obtiendrez la libération instantanément ou à la fin de votre vie. L’état est donné; à présent c’est à vous de l’utiliser. Les graines sont données, c’est à vous de les faire pousser pour qu’elles deviennent des arbres qui produisent davantage de graines. Babuji était un homme plein d’humour. Il parlait de: «La libération de la libération, la liberté de la liberté.» Il employait des mots comme baqa ye baqa et fana ye fana. Qu’entendait-il par ‘libération de la libération’? Il voulait dire: oubliez toute idée de libération! C’est son affaire, l’affaire de Dieu. Soyez libres même des angoisses et des soucis de la libération. Alors ce sera la véritable libération. Sinon, vous continuerez à vous inquiéter: «Était-ce au cours du premier sitting que j’ai obtenu la libération ou était-ce après trois bhandaras?

Nettoyer le mental subconscient

Q: Est-ce que le nettoyage des samskaras du mental subconscient nous permet d’accroître l’état supraconscient du mental? Tandis que nous nettoyons les samskaras du mental subconscient, cela augmente-t-il la capacité de supraconscience?

Daaji: Pas forcément. Pour reprendre les mots de Swami Vivekananda, nous avons un niveau de conscience qui est disponible à tout moment. En ce moment, nous avons un certain niveau de conscience. Il a dit que cette mince couche de conscience dont nous disposons est intercalée entre deux océans géants – celui de la supraconscience et celui du subconscient. Imaginez l’Océan Pacifique et l’Océan Atlantique enserrant un millimètre de conscience. Tout ce qui se passe au niveau subconscient peut-il accroître la disponibilité du supraconscient? Non, ce n’est pas possible, mais le nettoyage du subconscient contribue effectivement à élargir la conscience existante pour qu’elle se développe dans cette direction.

Q: Lorsque nos samskaras sont nettoyés grâce aux sittings que nous prenons et à notre nettoyage personnel, cela peut-il guérir la maladie?

Daaji: Oui, c’est possible. Lorsque le nettoyage s’effectue, les samskaras sont retirés petit à petit dans la mesure où notre organisme coopère. Par exemple, chez certains individus, la Nature accorde un cœur affectueux, mais s’il devient trop affectueux, cela ne sera pas bon pour cette personne. Aussi ces samskaras resteront-ils là car ce serait plus dangereux de les enlever. Certains samskaras engendrent de la peur chez une personne. Je pense que la Nature a accordé un certain niveau d’appréhension à ce cœur, car s’il faisait défaut, la personne pourrait devenir criminelle. Il y a donc un certain niveau de modération placé automatiquement dans l’organisme par la Nature. Ce n’est pas le Sahaj Marg qui ajuste cela, c’est inné en nous. Alors, au fur et à mesure que les couches de samskaras sont éliminées, le degré auquel tout cela est retiré dépend de notre mode de vie.

Si vous pensez tout le temps à l’argent, il peut y avoir un problème. Votre mental sera trop focalisé sur l’argent et sur ce que l’argent peut vous procurer, ce qui finira par affecter le point A. Un précepteur peut nettoyer le point de plus en plus, mais cela signifie-t-il que la capacité à gagner de l’argent sera supprimée? Non, ce n’est pas le cas. Tout l’objectif de la méditation Heartfulness, du nettoyage et du souvenir constant est de parvenir à un état de modération, et de s’assurer que nous progressons à la fois dans le domaine spirituel tout en maîtrisant le domaine matériel. Aucun de ceux qui font correctement la pratique ne souffrira jamais lamentablement, même s’il est malade, même s’il est pauvre. La souffrance et le dénuement sont deux choses différentes.

La fusion avec le Maître

Q: Pouvons-nous percevoir le corps subtil du Maître en nous? Si c’est le cas, de quelle façon?

Daaji: Eh bien, il nous suffit de ressentir sa transmission. Et au fur et à mesure que nous pénétrerons plus profondément dans notre propre Soi, je pense que tout le système sera purifié à tel point que le Maître commencera à l’occuper. Et il y a de la beauté à ressentir un tel état. Essayez-le. Ce qu’il faut ici c’est la volonté d’essayer, et la compréhension de la possibilité d’un tel phénomène. Il est dit qu’un moment viendra dans notre vie où, pendant la méditation, nous deviendrons lui: «Mun tu shudam tu mun shudi,» ce qui veut dire «Je suis devenu toi et tu es devenu moi.» Alors quel est donc l’intérêt de l’avoir ou de ressentir sa présence dans la forme subtile quand il y a la possibilité de devenir lui? Notre but doit donc être plus élevé.

Équilibrer vie spirituelle et vie matérielle

Q: Soit nous vivons une vie matérielle avec trop d’implication, soit nous sommes complètement à l’écart de la vie matérielle. Comment pouvons-nous vivre une vie équilibrée?

Daaji: Méditez bien. Lorsque vous vous réveillez le matin et que vous méditez à votre guise, ressentez-vous du contentement après la méditation? C’est le véritable contentement de sentir que: «Aujourd’hui j’ai vraiment, vraiment fait une superbe méditation.» Alors toutes ces choses s’ouvriront. Malheureusement, ce que nous faisons est souvent aléatoire. C’est la raison pour laquelle tous ces problèmes persistent et que nous continuons à poser des questions comme: «Comment équilibrer vie matérielle et vie spirituelle?» Cela se mettra en place si la méditation est faite correctement.

Le processus de préparation pour la méditation du matin doit commencer la veille au moment du coucher. Rappelez-vous l’époque de votre adolescence: dormiez-vous la nuit avant de retrouver votre petite amie ou votre petit ami? Avons-nous dans le cœur cette sorte d’impatience pour la Réalisation de Dieu, ou pour parfaire notre conscience et aller au-delà?

Le soir, prenez une résolution, faites un sankalpa plein d’amour: «Tout au long de la nuit, je garderai mon Seigneur dans le cœur, pendant mon sommeil.» Vous aurez avec cette idée un sommeil très paisible. Prenez-Le dans vos bras et endormez-vous. Faites comme si. Comme on dit: «Faites semblant jusqu’à y arriver.» Constatez l’effet. Comme l’a dit Babuji Maharaj, versez deux larmes! Avant de vous endormir, exprimez votre amour à Dieu en disant: «Seigneur, dès que je me réveillerai, nous serons de nouveau ensemble. J’attendrai votre transmission.» Puis méditez aussitôt que vous vous réveillez et voyez l’effet de cette méditation entretenue par cette attitude.

L’attitude

Dans la spiritualité, l’attitude est très, très importante. Lorsque vous êtes ici dans cette assemblée, en venant du dortoir jusqu’ici, ou en allant ensuite autre part, êtes-vous capable de préserver la condition en marchant? Ou êtes-vous simplement en train de bavarder en diluant l’état intérieur? Les ashrams sont des terrains de jeu pour notre entraînement. Restez à l’écart et seul pendant au moins trois ou quatre jours. Asseyez-vous tranquillement et observez votre condition, voyez ce qu’elle est.

Je demande souvent: «Dites-moi, au moins au niveau vibratoire, où vous avez ressenti la transmission ou l’effet du nettoyage.» Rares sont les personnes capables de répondre, même après trente ans de pratique. À quoi ça sert? Prenez ces choses au sérieux. Après avoir ressenti les vibrations venant de la transmission et l’effet du nettoyage, observez sur quel point ils ont porté. De plus, observez quel état ou quelles sortes de pensées ont été créés. Quelle sorte de bhava ou d’émotion a été créée dans votre cœur? Parfois il est si tranquille, parfois il est très calme, parfois il est très paisible, et parfois il déborde d’impatience. Quelquefois vous ressentez une sensation de bouillonnement. Quelquefois ce sont des picotements.

Tout cela doit être observé et noté dans votre journal. Vous avez dépensé beaucoup d’argent pour venir ici – faites-en le meilleur usage. Comment? Vous le savez tous. Soyez vous-même, restez seul, appréciez ce qui est autour de vous, ce qui est donné. Soyez reconnaissants pour tout ce qui est ici. C’est une aide. Alors que dès que vous dites: «Oh, ce fichu ashram n’a aucun confort, il fait très chaud ici et je suis dévoré par les moustiques,» votre condition se dégrade. Au lieu d’être reconnaissant pour le peu que vous avez, vous êtes à présent sur une trajectoire différente et vous gâchez votre état. L’attitude est donc importante. Et cette idée de créer de l’impatience et de prendre une bonne et pieuse résolution avant le coucher pour préparer la méditation du matin, vous aidera certainement car alors vous cherchez l’aide de Dieu.

Au moment de la méditation notre attitude doit être tout à fait simple: «Seigneur, quelle qu’elle soit, je voudrais ressentir Votre présence.» C’est tout. Je médite sur la présence de la Lumière Divine mais aucun de nous ne connaît la Lumière Divine. C’est une supposition. Nous commençons par cette supposition et attendons dans l’espoir qu’elle devienne une réalité. Pendant combien de temps voulez-vous attendre qu’elle devienne une réalité? Ainsi, ce processus de pensée qui est de supposer la présence de la Lumière Divine, et sa concrétisation dans notre vie, doit jaillir avec impatience de notre cœur: «Quoiqu’il arrive, je vais réaliser cela, je vais vivre cela, je vais devenir cela.» Sinon, cela ne rime à rien d’avoir une approche aléatoire ou peu enthousiaste.

Si vous avez une relation peu enthousiaste avec votre petite amie ou votre petit ami, qu’arrivera-t-il? Cette relation n’évoluera pas. Et dans le mariage, si la relation manque d’enthousiasme, c’est bien triste. Sommes-nous vraiment satisfaits de ce que nous faisons? Engageons-nous dans l’étape suivante. Ne restons pas dans la confiance complaisante que le Maître se chargera de tout. Son travail est son affaire. Jouons notre rôle. Et à mesure que nous grandissons de plus en plus dans la spiritualité, cela exigera de plus en plus de notre part. Cela deviendra une histoire de 24h/24 et 7j/7 – pas seulement en recevant mais aussi en devenant automatiquement de grands distributeurs. Ce n’est pas uniquement les précepteurs qui transmettent. Avant d’être précepteur, j’ai senti que le travail s’effectuait automatiquement à travers le cœur. Ce n’est pas qu’en tant que pratiquants, nous transmettons ou nous nettoyons. Babuji dit de ne pas le faire, alors nous ne le faisons pas, mais son travail se fait partout où va un pratiquant. Quand cela se produit-il? Lorsque nous sommes centrés sur le cœur – quand notre attention est dirigée vers Lui.

Le rôle du Maître

Q: Je veux savoir la différence entre un sitting individuel et une méditation de groupe par rapport à ma propre méditation. Pendant un sitting ou une méditation de groupe, je reçois la transmission du Maître. Lorsque je médite le matin et que j’offre ma prière, je me connecte à la Source.

Daaji: Je vais vous donner un petit exemple en espérant que cela deviendra plus clair. Avez-vous joué avec une lentille convexe quand vous étiez enfant? Vous prenez une lentille convexe ou une loupe, vous la placez devant le soleil et vous demandez à quelqu’un de mettre la main dessous. Elle devient chaude. Ou si vous mettez du coton, il brûle. Autrefois, c’était une façon de faire du feu, en plus de frotter des bâtons ensemble. Ainsi, lorsque nous sommes avec un précepteur, soit en sitting, soit en méditation de groupe, la personne qui transmet est comme une lentille convexe. C’est tout. Ils sont en mesure de capter tout ce qu’il y a et de le retransmettre. Lorsque vous méditez seul, c’est comme si vous étiez assis au soleil et que vous l’absorbiez vous-même. Lorsque la lentille convexe passe devant vous – c’est le rôle du précepteur.

Q: Il y a une question au sujet de la troisième partie de la prière du Sahaj Marg qui dit: «Tu es le seul Dieu et Pouvoir qui puisse nous amener à cet état.» Cela fait-il référence au Maître vivant?

Daaji: Vous devez arriver à le comprendre. Lorsque quelqu’un a demandé à Babuji: «Qui est ce Maître?», a-t-il répondu: «Je suis le Maître»? C’est une situation sans issue. Quand il a lui-même oublié qu’il est le Maître, comment peut-il le dire? C’est la raison pour laquelle j’ai dit: «Arrivez à le comprendre.» Expérimentez-le. Associez-le parfois au Dieu inconnaissable. Quelquefois associez-le à Chariji Maharaj et voyez ce qui se passe; et parfois à Babuji Maharaj et voyez ce qui se passe. Associez-le à votre père et dites: «Tu es le seul Dieu et Pouvoir,» et voyez ce qui se passe. Je suis ouvert à toutes sortes d’expériences. Vous en viendrez alors à votre propre conclusion. Pourquoi quelqu’un doit-il vous dire: «Méditez sur la forme du Maître vivant?» Essayez et voyez ce qui se passe. Si cela vous aide, c’est bien. Sinon, qu’il en soit ainsi!

Le corps subtil des arbres

Q: Si les arbres et les plantes ne réagissent pas, c’est-à-dire s’ils n’ont pas de mental, avec quel instrument ou avec quel canal ressentent-ils les vibrations des humains?

Daaji: Eh bien, ils ont des corps subtils. Ils ont un corps causal; ils ont un corps physique. Nous ne pouvons pas percevoir la façon dont ces corps sont constitués, mais ils le perçoivent. Je vais vous donner un exemple. Nous avons un système physiologique très complexe. Nous avons le sang qui coule dans le système circulatoire, et dans le sang nous avons de nombreuses cellules. Un groupe de cellules est celui des globules blancs ou leucocytes. Leur rôle est d’assurer notre sécurité, de garantir notre protection et de nous donner l’immunité. Ils sont comme des charognards qui essayent de trouver ce qui est nuisible à notre organisme, qui recherchent les bactéries et les corps étrangers à éliminer. Les leucocytes sont-ils connectés au cerveau? Comment perçoivent-ils le danger?

Q: Ils ont des récepteurs.

Daaji: C’est ce que j’essaie de dire: tout dans la nature a des récepteurs, même s’ils ne sont pas directement connectés au cerveau. Je sens des choses sur ma peau car elle est innervée par beaucoup de terminaisons nerveuses, qui sont connectées au cerveau. Mais les leucocytes ne circulent pas attachés à un fil comme des cerfs-volants, en activant les nerfs connectés au cerveau! Ils ont leur propre intelligence, ils ont leurs propres récepteurs. Les arbres aussi – ils ont tous des récepteurs indépendants. La fleur a ses propres récepteurs, les feuilles ont les leurs et les racines également. Et ce qui est fascinant c’est qu’ils n’ont pas un mental aussi bien développé, alors ils absorbent tout ce qu’on leur donne. Ils ne peuvent pas détruire ce qu’on leur donne parce qu’il n’y a rien en eux qui puisse détruire, tel que manas ou un mental.

Vous donnez la transmission à un être humain qui a une condition particulière: il marche d’ici à là et il la perd. En réalité, qu’attend-on de nous lorsque nous sortons de ce hall de méditation? Elle doit s’accroître. Au lieu de la laisser se dissiper, notre mental doit être capable de l’accélérer davantage, de l’intensifier. Pour ce faire, nous devons identifier ce que nous avons ressenti. Peut-être ne pouvons-nous pas donner un nom à cet état ou à cette condition, mais nous devons pouvoir dire: «Oh, oui, c’est ce que je ressens.»

Ce n’est que lorsque nous reconnaissons ces ressentis intérieurs que nous pouvons prolonger la condition et l’intensifier. Nous en avons discuté en détail avec le concept AEIOU: l’acquérir, l’animer, l’intensifier ou l’assimiler, devenir un avec elle et rester uni – ce que nous appelons la fusion.

Gratitude & Amour

Le point culminant du séminaire a été un dîner avec Daaji à l’extérieur du cottage après la session de Questions/Réponses. La vibration palpable était la gratitude que nous ressentions pour tout ce que nous avions reçu pendant ces quelques jours.

Ce fut vraiment un merveilleux séminaire où nous avons expérimenté l’ouverture du cœur et l’effet de transformation qui en résulte, tout cela grâce à la présence subtile et aimante de Daaji. Nous ne pouvions quitter Kanha qu’en nous rappelant que nous y retournerions bientôt. Un participant l’a résumé en disant: «L’amour est le sentiment le plus marquant de ce séminaire. J’ai senti que mon cœur s’ouvrait et que le sentiment d’amour et de reconnaissance envers tous grandissait. Ce n’est pas l’amour que nous connaissons, c’est quelque chose de divin.»

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