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Séminaire européen & Conversations avec Daaji – 4ème partie

Octobre 2017, Kanha Shanti Vanam
Mardi 24 octobre : La vacuité et la fusion

 

Le mardi matin, après la méditation de 9h30, Daaji a prononcé son discours sur la quatrième maxime. Auparavant, en guise d’introduction, il a exprimé diverses pensées sur le sujet de la veille.

Il a commencé en disant: «Nous devons démystifier l’idée de fusion. L’image que donne le sage Kabir de la goutte d’eau fusionnant avec l’océan, nous donne la notion erronée que nous sommes annihilé, détruit et que l’autre triomphe. En fait, il n’y a pas de destruction ici; il y a seulement une intensification. Lorsque ‘deux’ deviennent ‘un’, ‘un’ n’est pas détruit.

«En mathématiques, un plus un égale deux, deux plus deux égale quatre. Mais lorsque deux maîtres se rejoignent, c’est comme zéro qui rejoint zéro, parce qu’il y a une totale vacuité à l’intérieur. À propos de cette vacuité, une sœur m’a écrit: «J’aspire à atteindre cet état de la prière ultime, que Babuji décrit comme un état de vacuité tel qu’il ne permet à aucune pensée ou sphère humaine d’interférer avec les plans divins.»

«Lorsque nous aspirons ardemment à cette vacuité dans le cœur, est-il possible de la conserver en permanence, tout le temps? C’est impossible. Pensons à la façon dont se déplace l’air sur cette planète: lorsqu’il y a une différence de pression, l’air s’écoule d’une zone de haute pression, créant une turbulence, et le vent souffle à une vitesse supérieure à la normale, par exemple à 100 ou 200 kilomètres à l’heure. L’intensité s’accroît alors que se constitue un système de basse pression. Cette vacuité attirera toujours quelque chose.

«Ainsi, lorsque nous prions pour une telle vacuité et que nous la créons dans notre cœur par la prière, par l’abandon, il n’y a rien de bien compliqué à comprendre d’un certain point de vue. Automatiquement, un cœur si vide se remplit, à notre insu, de pureté, de Grâce. Des cœurs si pleins de grâce, des cœurs si purs sont en mesure de faire rayonner Sa Grâce et Sa pureté partout où ils vont.

«Nous pouvons comprendre la beauté de l’orientation vers le but de la maxime 3 lorsque nous considérons la maxime 4 qui nous demande d’être simple. Si nous demeurons compliqués, comment allons-nous maintenir une vacuité? Il nous faut laisser tomber tout ce que nous avons, y compris nous-même, nos caprices et nos désirs, nos multiples buts. Auparavant, notre voyage était tout le temps orienté vers l’extérieur, du centre vers l’extérieur, en traversant toutes les couches des corps subtils: la conscience, l’ego, l’intellect et le mental. En essayant de satisfaire aux exigences du corps, plus nous restons axé sur la périphérie, plus nous devenons instable dans une certaine mesure.

 

Les concepts de centrage et de simplicité

«Si un objet tourne comme une toupie, dès l’instant où le centre est perdu, il se met à vaciller et finit par se renverser. C’est un système instable. S’écarter du centre nous fait perdre l’équilibre. Tandis qu’aller vers l‘intérieur, aller au-delà des exigences du corps, au-delà des demandes de satisfaction émotionnelle au niveau mental, transcender tout cela… Ce n’est pas que nous n’allons pas veiller à la faim du corps – lorsque nous devrons manger, nous mangerons; lorsque une relation d’amour conjugal doit être satisfaite, elle le sera. Nous ne sommes pas opposés à la vie extérieure; en fait nous intégrons notre vie spirituelle à la vie matérielle. Nous accordons suffisamment d’attention aux besoins extérieurs, mais pas au prix de l’accomplissement intérieur.

«Notre système y pourvoit. Les paroles de Babuji: «Soyez simple», renferment un trésor. Il nous donne également la méthode pour devenir simple. Le soir, lors de la pratique du nettoyage, nous suggérons par une prière subtile, un sankalpa, que toutes les complexités et impuretés s’en vont; le résultat naturel du retrait des complexités va être la simplicité. Nous devenons plus simple depuis l‘intérieur.

 

De plus en plus de moins en moins

«Comment pouvons-nous considérer cette simplicité de manière un peu différente? Analysons une autre déclaration de Babuji: «De plus en plus de moins en moins.»

Cette affirmation très simple nous trouble parfois: de moins en moins de quoi? D’abord c’est de moins en moins de moi-même. Ensuite c’est de moins en moins de mes désirs. Puis, lorsque les gens pensent que ce sat-chit-ananda est la chose ultime, Babuji brise ce concept en un million de morceaux en déclarant que nous allons au-delà de la béatitude, là où il n’y a aucune trace d’ananda. Et il ajoute que nous pouvons réaliser un tel but en simplifiant notre vie, en devenant mentalement mature, en analysant, en usant de discernement et en demandant: «Ai-je besoin de ceci? Est-il essentiel, ou bien va-t-il accroître le poids sur mon système?

«Lorsque Babuji parle de «rien-té», cela représente simplement cette vacuité intérieure. Ce n’est pas qu’il n’y ait rien, mais il y a une totale absence d’égotisme, il y a une totale absence d’impressions du passé (samskaras), il y a une totale absence de voiles ou enveloppes (koshas) et même les chakras que nous ne cessons de former sont dissous dans une large mesure. Tant que ce corps est là, ces tourbillons énergétiques seront là, mais leur influence sera réduite à zéro.

 


«Babuji dépeint également 23 cercles en décrivant notre voyage. Alors que nous progressons vers le centre, croyez-vous que ces cercles persistent? De superbes images apparaissent immédiatement lorsque nous allons de la périphérie extérieure vers l’intérieur, chaque cercle se dissout l’un après l’autre jusqu’à ce qu’il n’en reste plus aucun. Aussi a-t-on parfois du mal à découvrir la condition d’une personne évoluée. Où est son deuxième chakra? Il est dissous. On perçoit les chakras, on perçoit les cercles, on perçoit les koshas chez une personne qui continue toujours d’exister à un niveau périphérique. Ainsi, tout l’objet du Sahaj Marg est de progresser vers cette vacuité.

 

Devenez l’Essence

«Qu’est-ce que cela veut dire? C’est de toujours progresser vers le Centre parfait. Je vous donne un petit exemple: il y a ici de très belles fleurs. Si vous courez, vous ne les verrez pas. Si vous êtes en voiture, il sera encore plus difficile de les admirer. Si vous êtes en avion, vous ne verrez même pas le sol, encore moins une petite fleur. Pour admirer la petite fleur, vous devrez vous en approcher. Vous pouvez peut-être la voir de loin, mais pour en percevoir l’essence, le parfum, vous devez la tenir dans la main et la sentir.

«Babuji ne s’arrête pas là, il dit que nous devons devenir l’essence. Si nous sommes occupés, que nous courons tout le temps, nous passons à côté des choses. Songez au mental qui peut se déplacer à une vitesse supérieure à celle de la lumière. Si vous deviez voler de Londres à New York à la vitesse de la lumière, vous y seriez en quelques secondes, peut-être en moins d’une seconde. Il n’y aurait même pas le temps de faire les annonces.

«Imaginez que votre mère se déplace dans votre maison à la vitesse de la lumière – elle se trouverait simultanément dans toutes les pièces. Cela est au niveau du corps physique, mais songez au mental qui est plus rapide que la vitesse de la lumière! Comment gérer la vitesse de notre mental tout en restant centré sur la magnifique fleur qui s’épanouit dans notre cœur?

«Dès l’instant où nous nous en éloignons pour gagner la périphérie la plus à l’extérieur, qui sait où se trouve notre mental. Alors nous passons à côté de cela. C’est l’importance du ‘maintenant’. Babuji a dit: «Ne vous souciez pas du passé et ne vous souciez pas du futur. Le passé ne fera que vous rappeler des souvenirs et le futur vous fera vous complaire dans l’imaginaire. ‘Maintenant’ est l’unique réalité que nous ayons. Si le mental continue à basculer sans cesse d’arrière en avant, du passé au futur, nous passons à côté de maintenant. Même une simple diversion du moment même de la Réalisation peut le détruire. Même notre effort vers la Réalisation détruira le moment de la Réalisation. Le moment où vous pensez au maître physique peut aussi détruire le moment de la Réalisation, parce que le maître physique et les véritables Maîtres sont des entités différentes.»

«Nous devons nous centrer uniquement sur l’Essence. Si nous devons apprendre l’Essence du Maître, l’Essence Divine, le mieux à faire est de regarder notre propre Essence: nous faisons partie de la Divinité. Reconnaissons cette Divinité en nous, afin de la voir dans le Maître, parce que nous voyons et percevons les choses en fonction de ce que nous sommes.



 

À suivre…

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