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Séminaire européen & conversations avec Daaji – 3ème partie

Octobre 2017, Kanha Shanti Vanam
Lundi 23 octobre 2017, session du soir avec des chercheurs des pays de l’Europe du Sud

 

Recherche sur les effets de la méditation

 

 

Mardi, un peu plus tard dans la soirée, après le repas, Daaji a poursuivi ses échanges avec des chercheurs des pays d’Europe du Sud: Italie, Roumanie, Espagne et Portugal; le thème de la ‘recherche’ était au cœur des échanges.

«En 1965, Babuji a créé l’Institut de Recherche du Sahaj Marg à Tirupati. On y faisait des expériences sur des grenouilles, en transmettant à leurs cœurs pour en voir les effets, y compris pour observer la façon dont les cœurs bougeaient pendant la transmission, le nettoyage, etc. Ensuite on disséquait les cœurs et on mesurait les différentes hormones. Il s’agissait d’expériences très rudimentaires.

Babuji a même expliqué alors qu’avec la transmission, on peut tout faire. Il a donné comme exemple qu’avec la transmission, on peut augmenter ou diminuer la pression artérielle. Cela ne veut pas dire que la transmission provoquera toujours une augmentation. Supposons qu’une personne ait une pression artérielle très basse et qu’elle se mette à chuter rapidement, alors vous prieriez et transmettriez avec la pensée ‘Que sa pression artérielle remonte’. Dans le cas opposé, lorsque la pression artérielle d’une personne est très élevée, vous prieriez pour que sa pression artérielle revienne à la normale.

«La transmission fonctionne sur la base de la volonté qui est derrière, sur l’intention qui est derrière. Ainsi nul besoin de faire de recherche à ce niveau, car la transmission peut faire tout ce que nous voulons qu’elle fasse, cela dépend de notre pensée. Mais bien entendu nous n’en jouons pas. Au Sahaj Marg nous n’encourageons pas de tels miracles.

«Actuellement, nous nous intéressons à mener des études scientifiques sur la manière dont la transmission affecte la neurophysiologie humaine, nos chromosomes et notre état psychologique. De bons résultats arrivent du monde entier et de nombreuses personnes sont investies dans ces études. Mais la recherche au Sahaj Marg est loin d’être nouvelle – elle existe depuis 1965. Le seul problème, c’est que nous avons entamé ces études physiologiques sur les êtres humains que bien plus tard.

«Mais l’essentiel, ce n’est pas cette recherche qui n’est destinée qu’à convaincre l’esprit logique. Une personne qui a la foi, n’a pas besoin des preuves qu’amène l’expérimentation, parce que même si vous constatez des résultats positifs au niveau neurophysiologique, vous avez déjà observé de meilleurs résultats dans votre propre vie.

«Prenez les milliers d’études faites sur les méditants Mindfulness, surtout sur le développement de la compassion, de l’empathie, sur l’augmentation de la sérotonine et des niveaux d’ocytocine, et la diminution du cortisol, comme résultats des effets de la méditation. Après la méditation, si vous vérifiez votre niveau de sérotonine par un test sanguin, vous découvrirez qu’il a augmenté. La belle affaire! Il n’y a là rien d’extraordinaire. Après la méditation vous vous sentirez bien, mais pensez-vous réellement que ce sentiment agréable n’est que le résultat de l’augmentation de la sérotonine? C’est pareil pour le développement de la compassion, ce n’est pas le but.

«Comme nous en avons discuté ce matin, un objectif conduit à un autre objectif, lequel conduit encore à un autre. Ce que j’expérimente maintenant n’est qu’un but temporaire. L’idée est de résoudre ce but ultime, qui, étant élucidé, ne laisse plus rien à résoudre dans la vie – résoudre l’énigme ultime

«Nous pouvons développer la compassion et la paix de l’esprit, et nous déstresser par la méditation mais est-ce pour cela que nous méditons? Non. La compassion est une bonne chose mais ce n’est pas notre but. La compassion, l’empathie, l’amour, l’affection, le partage, la paix et être en harmonie sont de grandes qualités, mais le but du développement de toutes ces qualités est d’atteindre un état de pureté intérieure. Et lorsque cette pureté est dans le cœur, la Divinité descend automatiquement. Nous n’avons pas besoin de prier: ‘Seigneur, je vous en prie venez dans mon cœur. Permettez que je vous voie‘. Ce n’est pas nécessaire. Cela se produira au moment où vous vous y attendrez le moins, lorsque vous serez devenu la pureté personnifiée.

«A l’inverse, une compassion fabriquée ou artificielle, avec une intention derrière, comme par exemple, ne pas se sentir coupable, ou faire ce qui est juste, ne sert à rien. Il vaut mieux aimer au nom de l’amour et non pour une quelconque autre raison. Il vaut mieux sentir de la compassion par pure compassion et non pour éviter la culpabilité.

«Il est intéressant d’observer à quel point la majeure partie de la recherche contemporaine est en fait plutôt limitée. Heartfulness, le Sahaj Marg, est la seule voie qui va au-delà. Babuji l’a dit de façon très simple: lorsque nous voulons avoir la paix de l’esprit, il a l’amabilité de nous la donner. Lorsque nous sommes nouveaux au Sahaj Marg, nous pouvons demander tant de choses – la paix de l’esprit, une vie paisible, etc… Babuji nous dit alors: «Oui c’est possible, mais si vous demandez la paix, Dieu ne viendra pas. Si vous demandez Dieu, la paix suivra automatiquement» ‘Nous devrions savoir quoi demander. »

 

Le chemin du 13ème point

«Notre voyage au Sahaj Marg se fait du 1er au 2ème point, au 3ème, 4ème et ainsi de suite jusqu’au 13ème point, et chaque point possède un niveau de conscience différent, un caractère différent, une condition différente. Nous avons tous des expériences différentes à chaque point. Nous allons représenter ce voyage sur 7 acres de terre, ici, à Kanha, en commençant par le cœur. Babuji décrit ce premier point en le divisant en deux parties – supérieure et inférieure. Il dit qu’au niveau inférieur vous sentirez la présence de Dieu avec vous en permanence, et lorsque vous vous déplacez vers la partie supérieure du cœur, vous sentirez Dieu partout. Ce sont les qualités du 1er point.

«Ensuite, autour de ce 1er point, vous avez les points A, B, C et D. ‘A’ concerne les problèmes d’ordre matériel, ‘B’ les questions sensuelles, ‘C’ les attirances et aversions et ‘D’ la culpabilité. Comment représenter concrètement ces qualités sur le plan physique? Nous allons essayer de le faire dans ce jardin. Ensuite, au 2ème point, Babuji évoque tant de paix et de sentiment de compassion dans le cœur, comment représenter cela? Lorsqu’un pratiquant atteint le 2ème point, il se sent presque comme le Seigneur Jésus Christ. Aussi ai-je pensé ériger une belle statue de Jésus accueillant tout le monde au 2ème point. Mais cela ne signifie pas que le Seigneur Jésus relève du second point; il y a des gens qui demandent: «Mais pourquoi n’est-il pas placé au 10ème point?» Une telle comparaison est futile. Nous essayons simplement de rappeler aux gens que la qualité du 2ème point est la qualité manifestée du Seigneur Jésus. Il ne devrait y avoir aucune idée de hiérarchie.

«Au 3ème point, c’est l’élément feu qui domine et il concerne les émotions. Alors, comment allons-nous représenter les émotions? Chaque point, spécialement dans le cœur, a des qualités différentes. Par exemple, le 1er point est essentiellement associé aux qualités de l’élément Terre. Le 2ème point aux qualités de l’éther. Le 3ème, c’est le feu, le 4ème, l’eau et le 5ème l’air.

«Ils ont aussi différentes couleurs. Lorsque quelqu’un transmet à votre 1er point et que vous vous focalisez profondément et absorbez la condition, vous pouvez voir une couleur jaune. Parfois vous ressentez du rouge, du vert, du noir ou du blanc, cela dépend de là où le travail se fait. Ainsi nous allons figurer tous ces motifs de couleur dans le jardin. Par exemple, puisque nous voyons le jaune au 1er point, nous aurons un ensemble de plantes à fleurs jaunes.

 

La peur du vide et la peur de la mort

 

Q: Parfois, en méditation, je ressens cet espace, mais j’ai peur de sauter.

Daaji: Cela arrive à la plupart d’entre nous. Que devrions-nous faire à ce moment-là? Le saut n’est pas un saut réel; il est virtuel. De la même façon, lorsque je pense à sauter dans l’océan, est-ce que je me noie? Non, penser, ça ne fait pas ça. Alors, quand je pense que je suis dans l’espace et que j’ai très peur, cela ne va pas me tuer non plus – la pensée ne me tuera pas. Allez-y, et voyez ce qui va se passer ensuite. Regardez les choses en face. Et quand vous aurez passé cette étape, vous irez mieux à nouveau.

 

Q: Comment passer à l’étape suivante?

Daaji: Appréciez le moment présent. Oubliez l’avenir. Il va vous tirer vers le haut. C’est l’affaire du Maître. Profitez-en où que vous soyez. Quand on est au 12ème point, par exemple, on se sent comme un bébé. Vous n’avez pas envie de faire quoi que ce soit de spirituel, parce que votre ego est tellement sublimé et raffiné qu’il n’y a pas l’impulsion dans votre cœur pour aller plus loin. Vous vous contentez de tout ce que Dieu a donné. Vous vous sentez si insignifiant, et comme si vous ne faisiez qu’un avec la Nature. Vous sentez que vous avez déjà obtenu tout ce qu’il y a à atteindre. Il n’y a plus aucun désir d’obtenir quoi que ce soit.

Mais quand le Maître vous verra comme ça, il viendra vous chercher et avec sa volonté il vous emmènera au 13ème point, parce que vous n’avez pas le désir d’y aller. Il s’assure que vous y arriviez. Mais si vous dites que vous devez y aller, que vous êtes pressé, cela ne se produira pas.

Nous ne pouvons pas progresser avec l’ego. Lorsque l’ego est absent, nous ne désirons pas progresser. Ainsi, le grand Maître s’assure que nous devenions totalement raffinés, sans désir, et notre progrès devient son problème.

 

Q: Comment pouvons-nous échapper à notre peur de la mort et à la peur de perdre quelqu’un?

Daaji: Tout cela est une leçon de vie. Imaginez s’il n’y avait pas de mort; ce serait une vie ennuyeuse. Sans la mort, il n’y a pas de nouveau commencement. Soit nous revenons mieux équipés pour une nouvelle vie ici, soit nous entrons dans une nouvelle dimension et progressons de là vers un autre niveau de conscience. La vie n’est jamais statique. Nous sommes nés parce que nous étions morts à un moment donné. L’âme qui était là renaît maintenant. Ça a été douloureux lorsque nous sommes morts, et nos familles ont dû beaucoup pleurer, mais lorsque nous sommes nés de nouveau, notre nouvelle famille était heureuse, et cela va continuer. La mort est inévitable, et quand nous savons que c’est une réalité de la vie, que la mort va venir de toute façon, nous devenons plus conscients et mieux préparés.

Quand ce moment viendra et que nous l’accepterons, ce sera un beau passage. Nous mourrons en pleine conscience. Nous disons que lorsque nous mourons, nous allons à la rencontre de Dieu, alors pourquoi aurions-nous peur de rencontrer Dieu?

Le mieux est de créer un environnement qui nous apporte un soutien émotionnel et moral. Le temps résoudra le problème. Est-ce que je pleure pour mon père qui est décédé en 1993? Oui, je pleure encore pour lui. Il me manque. Ça fait partie de la vie. Mais devrais-je dire: «Il ne devrait pas mourir»? C’est entre les mains de Dieu.

La méditation nous enseigne comment mourir de façon parfaite. Parfois, lorsque nous méditons, nous perdons totalement conscience. Pour moi, c’est comme la mort – une petite mort, un aperçu de la mort. Dans Vérité Éternelle de Lalaji, vous pouvez lire un chapitre sur la création et la destruction par le son. Que se passe-t-il au moment de la mort? J’ai essayé de reproduire ce phénomène. L’énergie est tirée du mulhadar chakra vers le haut. C’est l’élément Terre qui se dissout ensuite dans l’élément Eau, puis tout se dissout dans l’élément Feu, et le corps devient chaud. Vous pouvez vraiment le sentir- en quelques secondes, tout change. Quand il atteint l’élément Air du chakra de la gorge, le corps dans son intégralité se met à trembler.

Lorsque l’âme se retire du reste du corps, les yeux roulent vers le haut et toute la partie inférieure du corps disparaît. Il reste encore de l’énergie qui fusionne alors avec l’Ultime. Quand l’âme libérée s’échappe, elle sort par le point de brahmarandra, superposé au point 12.

 

Lorsque vous êtes perdu en méditation, où allez-vous? On n’en sait rien. Qui dit que vous êtes perdu? Quelqu’un à l’intérieur de vous dit que vous êtes perdu. Dans certaines méditations, vous êtes tellement absorbé que les pensées viennent et disparaissent. Votre esprit observe ces choses. Mais parfois, il n’y a pas de pensées – rien ne vient, rien ne s’en va, et vous ne sentez rien; la transmission vient, la transmission va, et vous ne sentez rien – vous êtes totalement absent, et vous n’en avez aucune idée. Ce n’est que lorsque le sitting est terminé et que la transmission s’arrête, que vous revenez et que vous réalisez que c’était une bonne expérience.

Alors, qui a dit que c’était une bonne chose? D’autres fois, vous êtes perdu, et il y a quelque chose à l’intérieur qui dit que vous êtes perdu. C’est notre âme qui veille. Quand l’âme est partie, totalement absorbée, c’est un autre état.

Ces états sont tous décrits dans des livres sacrés de l’Inde, mais nous pouvons les expérimenter à travers les pratiques Heartfulness du Sahaj Marg. C’est possible grâce à la transmission. Sans transmission, il n’est pas possible pour des gens ordinaires comme nous d’expérimenter des états aussi élevés.

Plus nous renonçons, plus l’abandon est grand – «Mon Dieu, je m’en remets à vous» – plus notre vie s’améliore. Ce n’est pas que nous devenions un simple témoin, nous avons des choses à faire, mais à partir du moment où nous nous abandonnons mentalement et nous soumettons au Seigneur, «Que ta volonté soit faite», alors toute la vie dans son ensemble change. Il y a moins de problèmes. C’est ce que Babuji appelle ‘voyager léger’. Il souhaite que nous lui donnions tous nos bagages.

 

À suivre…

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